Je ne doisrien à personne.
Je ne me présente devant vous au nom d’aucun parti. Je n’en ai jamais eu, et je n’en veux pas. Je me présente au nom de ce que j’ai vu, dossier après dossier, depuis que cet État m’a confié la charge de Procureur Général.
Ce poste apprend une chose simple : un État ne se juge pas à ses discours, il se juge à ce qu’il fait quand plus personne ne regarde. J’ai vu les deux.
Je connais ce terrain. Les rues où l’on arrive trop tard, les guichets qui renvoient vers un autre guichet, les plaintes qu’on classe parce qu’il manque une ligne. Je n’ai pas besoin qu’on me l’explique : je signe ces dossiers.
Ma première décision ne me donnera aucun pouvoir, elle m’en enlèvera. Je rends leur souveraineté interne aux services publics : ils se dirigent eux-mêmes, et je n’y touche plus.
Ce document n’est pas une liste de promesses. Chaque mesure porte un responsable, une échéance et un critère de réussite : de quoi me juger, et me remplacer si j’échoue.